Tu te rappelles de cette photo. Elle date d'il y a sept mois.
Tu te rappelles de Mimie qui fuit et ferme les volets, de mon mouvement de recule pour mieux t'embrasser. Tu te rappelles des crêpes, de tes clopes et de tes cheveux qu'il n'a pas fallu mouiller. Tu te rappelles du soleil éblouissant de cette belle journée de juillet, de ta main effleurant ma cuisse au moment de te quitter. Tu te rappelles de ton rêve qui est devenu le mien. Je me rappelle de ce c½ur laissé par Notre Mimie et aussi de Marcellaz. Je me rappelle que j'avais froid mais que je ne voulais pas rentrer, seule. Je me rappelle que tu me plaisais et je me rappelle que je suis partie sans te dire au revoir. Je me rappelle du samedi. Je te revois avec ton vélo et le Rémouille pas mûr. Je me rappelle avoir été déçu quand Mimie nous a suivi pour aller faire les courses. Je me rappelle lui avoir volé ton numéro mais je ne me rappelle pas comment elle l'avait eu. Et puis je me rappelle de tes 17 ans, je me rappelle de l'angoisse du cadeau puis de l'angoisse de la soirée, la nuit. Je me rappelle du "Merci" parce que je n'avais plus de mots et surtout plus aucune question. Je me rappelle n'avoir été certaine de rien mais d'avoir été bien. Je souviens aussi d'être allé me cacher, toutes les heures, dans les toilettes de l'usine pour trouver un peu de réseau et tes messages. Je me rappelle m'être demandé si j'étais déjà accro. Je me rappelle m'en avoir voulu de te dire de ne pas t'accrocher. Je me rappelle m'être dit que je t'aimais, réellement. Et puis je me rappelle de tes vacances dans le sud, des miennes dans la montagne. Je me rappelle de ce vide que je n'avais jamais ressenti. Je me rappelle m'être demandé " Est-ce cela d'être loin de celui qu'on aime? ". Je me rappelle du regard de Mimie qui me disais " Oui tu l'aimes. Oui je l'aime. Oui c'est quelqu'un de bien." Je me rappelle avoir rêvé éveillé de toi. Je me rappelle de ces journée à Genève. Celle avec le retour pluvieux de cet été. Celle où on s'embrassait dans le froid, où plus rien ne comptait. Celle où ils m'ont écrit RAPH sur le bras, celle où tu t 'es baigné. Je me rappelle des fois où j'ai manqué de te tuer, des mes regrets, des je t'aime que je n'ai pas osé te dire, de mes larmes et de ton récit. Je me rappelle de prises de tête pourtant si peu et si courtes. Je me rappelle du message 11 que je ne dois pas effacer, du premier commentaire que tu m'as laissé. Je me rappelle que tu m'as touché, que tu me touche au plus profond, chaque fois comme si tu savais où appuyer pour en faire ressortir quelque chose. Je me rappelle de ces nuits blanches à me dire que j'allais te retrouver, que tout irait mieux dans tes bras. Tes quelques répet restent gravées, toutes ces bêtises aussi. Et ma chute dans la fontaine, ta petite souris, les recoins de ta chambre ni le Jtm à ton plafond ne s'effaceront. Je n'ai pas oublié la journée de grève, ni les mercredi, ni les week end. Je n'ai pas oublié non plus ces quelques nuits, le Jura et les journées de ski ni celles dans tes bras. Je n'oublie pas tes écrits, tes paroles, tes mots ni ta voix. Je n'oublie pas tes raisons, mes efforts, tes mains, tes lèvres et encore moins tous tes regards. J'oublie des journées, des soirées, des baisers, des choses partagées mais je ne t'oublierai pas, toi. Je ne NOUS oublierai pas.
Je t'aime.




